Les regroupements nationaux d’économie sociale au Québec : Essai d’analyse politique

Par Louis Favreau
Cahier 05-15 – Juillet 2005 – 43 pages

De façon épisodique, on assiste, dans la foulée du développement de nombreuses et nouvelles initiatives coopératives et associatives, à la montée de tensions entre le Chantier de l’économie sociale et le Conseil de la coopération du Québec (CCQ). L’arrivée du Parti libéral à Québec en 2003 avec ses projets de réingénérie et de Paul Martin à Ottawa en 2004 avec ses projets d’ouvrir les programmes économiques de l’État fédéral à l’économie sociale est venue réouvrir le débat. Les rapports entre le CCQ et le Chantier sont un sujet plutôt tabou dans les réseaux d’économie sociale. Face à cette question récurrente, c’est plus souvent qu’autrement la résignation ou le consensus mou qui prévaut. Pourtant, il nous apparaît nécessaire, surtout à ce stade-ci de développement de l’économie sociale québécoise de tenter quelques clarifications du débat politique interne qui anime ce «mouvement» : d’aucuns prétendent et souhaitent que le Chantier de l’économie sociale représente l’ensemble de l’économie sociale. D’autres affirment que l’économie coopérative est la forme la plus achevée de l’économie sociale? Y a-t-il une économie sociale nouvelle au Chantier et une ancienne économie sociale au Conseil de la coopération du Québec comme cela est couramment perçu? En outre, l’avenir de l’économie sociale québécoise peut-elle se satisfaire d’une simple coexistence plus ou moins pacifique, côte à côte, de ses deux regroupements? Et d’abord qui représente qui? Comment l’économie sociale québécoise et les formes de regroupements qu’elle s’est donnée ont-ils évolué dans les 15 dernières années? Voilà autant de questions auxquelles le présent cahier tentera de répondre en esquissant des propositions au plan de l’analyse et, dans la dernière partie, quelques pistes de solution.


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