Les interfaces tiers secteur – État en Saskatchewan et au Québec dans le champ de la santé et des services sociaux

Par Sébastien Chartrand, Richard Nicol, Luc Thériault, Louise Tremblay et Yves Vaillancourt
Cahier 05-18 – Septembre 2005 – 45 pages

Ce texte cherche à identifier certains éléments qui expliquent le rapport du tiers secteur à l’État provincial dans le champ de la santé et des services sociaux en comparant deux pro- vinces. Nous prenons la Saskatchewan, une province traditionnellement plus sociale-dé- mocrate que les autres au Canada, marquée par sa ruralité et l’influence du Nouveau Parti Démocratique, et le Québec, avec son tiers secteur très actif.

Première constatation, la forme de la relation à l’État provincial pour la prestation de servi- ces s’oriente davantage vers la coproduction de services au Québec, alors que le rapport de sous-traitance domine en Saskatchewan. Deuxièmement, au-delà de la forme de la relation, un regard sur la dimension politique indique que l’État québécois reconnaît le tiers secteur comme acteur politique ayant un poids significatif, alors que ce n’est pas le cas en Saskat- chewan. Troisièmement, le tiers secteur québécois se perçoit comme mouvement social et non seulement comme un ensemble d’organisations atomisées comme en Saskatchewan. Quatrièmement, le secteur connaît un niveau d’institutionnalisation bien plus avancé au Québec qu’en Saskatchewan. L’étude de ces dimensions semble confirmer une plus grande unicité dans le cas québécois et même l’existence d’un modèle de développement solidari- sant, où l’État entretient des liens étroits avec des acteurs de la société civile, dont le tiers secteur. Nous trouvons ces éléments distinctifs dans la comparaison avec la Saskatchewan de trois champs du tiers secteur et de leur rapport à l’État : logement social, services de garde, et services à domicile. En somme, ce qui distingue le modèle solidarisant est un meilleur équilibre entre les secteurs public, privé et le tiers secteur dans le champ de la san- té et des services sociaux. Finalement, les modèles solidarisant québécois et social-démo- crate « rural » saskatchewannais se distinguent également du modèle néo-libéral (Ontario, Alberta) dans la forme de la relation à l’État et dans la forte contribution du tiers secteur au processus de démarchandisation.


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