L’économie sociale et les services de soutien à domicile au Québec: coproduction ou coconstruction? 

par Christian Jetté et Yves Vaillancourt
(avec la collaboration de Philippe Leclerc)
Cahier 09-07 – Octobre 2009 – 19 pages

Le cadre d’analyse utilisé dans ce texte est marqué par la distinction que les auteurs font entre la coproduction et la coconstruction des politiques publiques (Vaillancourt, 2009). Dans la coproduction, les organisations du tiers secteur participent à la mise en œuvre des politiques publiques. Dans la coconstruction, elles participent aussi à leur élaboration (Vaillancourt, 2009). Depuis longtemps, au Québec, les organismes du tiers secteur jouent un rôle significatif dans l’offre des services de soutien à domicile. Cette offre de services a franchi une phase cruciale de développement, en 1996, lorsque le gouvernement du Québec, à la suite d’une délibération publique déployée avec les acteurs de la société civile, a décidé d’impulser la création d’une centaine d’entreprises d’économie sociale en aide domestique (EESAD). Ces EESAD sont venues compléter l’offre de services publics de l’État québécois et participent ainsi de facto à une dynamique de coproduction des services dans un contexte de Mixed Economy incluant le tiers secteur. Mais au-delà de cette coproduction, ces entreprises cherchent à se positionner dans un processus de coconstruction avec l’État, c’est-à-dire dans un processus de construction conjointe et partenariale des politiques publiques balisant leur participation aux services d’intérêt public. L’analyse de ces deux processus montre que la situation des EESAD au Québec a oscillé, selon les périodes, entre la coproduction et diverses modalités de coconstruction. Certaines politiques budgétaires restrictives adoptées par l’État québécois ainsi que les tensions vécues au sein même des réseaux d’EESAD ont eu pour effet de freiner le développement d’un véritable processus de coconstruction, au cours des années 2000.


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