Économie sociale et solidaire en Haïti

Les trois colloques de l’année 2007

Par Jean Rénol Élie, Université d’État d’Haïti
Cahier 10-04 – Mars 2010 – 35 pages

Une ONG internationale, Action Aid, la direction générale du ministère des Affaires sociales et le Conseil national des coopératives (CNC), l’Association nationale des caisses populaires haïtiennes (ANACAPH) ont organisé en Haïti, en 2007, trois colloques sur l’économie sociale et solidaire. Au premier, on avait réuni des responsables de centres d’appui à des organisations paysannes, des membres d’organisations paysannes et des universitaires. Au deuxième, les participants étaient des responsables de haut niveau de l’administration publique, des dirigeants d’organisations, des universitaires. Au troisième, se sont rencontrés des responsables d’organisations d’appui aux caisses populaires, des dirigeants de caisses populaires, des professionnels invités. Dans les trois cas, il y avait des présentations d’expériences, des discussions sur la place des organisations d’économie sociale et solidaire dans le contexte haïtien et des prises de position sur l’orientation des organisations de l’économie sociale et solidaire.

Ces colloques ont permis de recueillir des informations importantes sur des pratiques d’économie sociale et solidaire en Haïti, sur les différentes organisations qui la portent, sur des secteurs sociaux qui s’y intéressent, sur des activités entreprises, sur des difficultés rencontrées, sur la portée de certaines actions des groupes intéressés, sur les zones de travail et l’implication de certaines communautés. Toutefois, certains aspects non évoqués au cours des colloques méritent d’être étudiés. On doit chercher à comprendre la potentialité des différents types d’organisation, les articulations entre elles sur le terrain. Les précisions sur les cadres conceptuels des interventions n’ont pas été suffisantes à notre avis; le cadre légal de fonctionnement des organisations de l’économie sociale et solidaire n’a pas été questionné ; le rôle des universités et celui de l’État dans le développement ou le fonctionnement des organisations d’économie sociale et solidaire n’ont pas non plus été discutés.

On peut se demander jusqu’où va l’intérêt de certains secteurs, quand on sait que les réflexions produites au cours des colloques n’ont pas été diffusées ou ne l’ont pas encore été, quand des actions suggérées n’ont pas été entreprises par les acteurs présents aux colloques. La grande question est de savoir ce qu’il faut faire pour dynamiser le secteur de l’économie sociale en Haïti, aujourd’hui. Les universitaires devraient entreprendre de sensibiliser l’État et les autres secteurs à la question, soutient l’auteur.


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