Monographie d’un organisme ayant un volet d’hébergement transitoire et de soutien au logement social pour des personnes ayant des problèmes graves de santé mentale
par Véronique Bizier
Sous la direction de Paul Morin et Henri Dorvil
Cahier 07-02 – Février 2007 – 142 pages
Cette publication présente la monographie du Projet d’encadrement clinique et d’hébergement (PECH), un organisme communautaire de la région de la Capitale- Nationale qui oeuvre depuis 1993 auprès des personnes qui ont des problèmes de santé mentale graves, qui ont, ou ont eu, des démêlés avec la justice et qui vivent d’autres problématiques (instabilité résidentielle, toxicomanie, etc.). La présente monographie vise principalement à analyser l’évolution de cet organisme communautaire unique, à comprendre son évolution et à cerner ses pratiques institutionnelles et organisationnelles. PECH offre un service de soutien communautaire dans une perspective d’intégration sociale des personnes. À ce titre, il intervient à plusieurs niveaux avec ses cinq volets de services. Son volet de soutien communautaire est un véritable modèle hybride, axé sur les forces de la personne et ses capacités de changement. Le volet travail de milieu, qui consiste à intervenir en amont du processus de judiciarisation, est une pratique proactive et préventive, ancrée dans le milieu, qui implique un partenariat avec plusieurs organismes. Le volet de services de crise 24/7 et d’application de la Loi sur la protection des personnes dont l’état mental présente un danger pour elles-mêmes ou pour autrui (L.R.Q., chapitre P-38.001) s’effectue en collaboration avec le Service de police de la Ville de Québec et la Sûreté du Québec pour la Côte de Beaupré, Porneuf, la MRC Jacques- Cartier, l’Ile d’Orléans et Charlevoix. Le « projet Déju » a un impact notoire, car il court- circuite l’entrée de personnes ayant des problèmes de santé mentale dans le système correctionnel et de la justice, permettant ainsi de réduire le nombre d’admissions au Centre de détention de Québec. Il s’agit là véritablement d’une expertise novatrice et unique en situation de crise. L’organisme a aussi un volet d’hébergement transitoire. La maison d’hébergement, en activité depuis 1998, offre à sa clientèle, après son séjour hospitalier, l’opportunité de se réorganiser, de s’outiller et d’obtenir du soutien pour l’aider par la suite à se trouver un logement. Les personnes peuvent également bénéficier d’un soutien communautaire posthébergement. Le dernier volet de services est en lien avec le soutien au logement social. En 2003, PECH a inauguré un immeuble de logement social, appelé affectueusement « La Maison » par les onze locataires qui y habitent. Ces derniers bénéficient d’un logement neuf et subventionné (25 % seulement de leurs revenus sont consacrés au loyer). Mentionnons, par ailleurs, l’implication de PECH avec d’autres partenaires du réseau dans le développement du logement social à Québec pour la clientèle en santé mentale, dont le projet « Clés en main » dans lequel PECH agit à titre de fiduciaire.
Depuis ses débuts, PECH n’a donc cessé d’élargir ses horizons pour offrir des services à 1376 personnes en 2004-2005, avec une équipe de plus de 40 employés. En définitive, de par sa gamme variée de services, son engagement notoire dans le réseau de la santé mentale à Québec, de même que son approche intersectorielle qui fait sa renommée, le Programme d’encadrement clinique et d’hébergement contribue à favoriser la prise en main et la réappropriation du pouvoir des personnes vivant avec des problèmes graves de santé mentale et étant aux prises avec d’autres problématiques, et ce, dans une démarche orientée vers le rétablissement et l’accès à une citoyenneté pleine et entière.