Les Habitations Papineau

évaluation d’un projet pilote de soutien
au logement autonome au CRDI Gabrielle-Major

Par Alexandra Prohet et Jean Proulx,
sous la direction de Lucie Dumais

Cahier 11-07 – Avril 2011 – 135 pages

Les Habitations Papineau: un chez-soi (originellement appelé Les Habitations Sainte- Catherine), projet pilote du CRDI Gabrielle-Major, est une formule de soutien en logement à l’intention de ses usagers ayant un profil de besoins important. Il vise la vie en logement ordinaire « dans un contexte sécuritaire et encadré par le CRDI », plutôt que d’orienter les personnes vers des milieux résidentiels substituts. Le projet fait appel à deux partenaires principaux, l’Office municipal d’habitation de Montréal et un propriétaire immobilier qui offre 12 unités de logements subventionnés de type studio. Le CRDI, par des interventions d’adaptation/réadaptation, cherche à améliorer les capacités et l’autonomie des locataires dans les activités de la vie domestique et de la vie quotidienne, et à maintenir les liens des usagers entre eux, avec leur entourage et dans la communauté. Le CRDI cherche donc aussi la collaboration d’autres partenaires du milieu, comme le CSSS, les organismes communautaires, la sécurité publique (police, pompiers).

L’évaluation du projet pilote a porté sur deux aspects : les activités de soutien en logement et leurs effets sur la vie des usagers, d’une part, le fonctionnement du modèle de partenariat, d’autre part. Le projet pilote et son évaluation ont débuté en 2008 et se sont étalés sur trois ans. L’étude évaluative a suivi neuf des 12 personnes admises au projet, à six, 12 et 18 mois de vie en logement. Celles-ci ont dû, après un an, emménager dans un nouvel édifice, ce qui a causé un prolongement du calendrier d’étude. Au final de l’évaluation, les principaux constats sont les suivants. 1) Des personnes dont le lourd profil justifie habituellement un placement en ressource d’hébergement peuvent se maintenir en logement, et elles y font des gains notables à côté de quelques pertes, notamment en termes de qualité de vie subjective, de liberté d’action et de bien-être. 2) Le maintien en logement est largement tributaire du soutien apporté car même après deux ou trois ans, les besoins à combler des résidents sont importants et la perspective que ceux-ci puissent s’estomper est faible. 3) Le modèle de soutien conçu à l’origine s’est affiné en cours d’expérimentation et paraît efficace, certains de ses éléments constitutifs pouvant toutefois être revus. 4) Le modèle d’habitation, en partenariat, demeure plus fragile car il repose sur des ententes ad hoc et a été construit dans une conjoncture relativement favorable, notamment en vertu de l’entente de logement de catégorie C avec l’OMHM et la mise en disponibilité de 12 unités de logement dans un même immeuble, de même que d’une implication du CSSS pour offrir ses services d’organisation communautaire. Le contexte actuel, en 2011, semble remettre en question plusieurs paramètres de ce modèle. Quelques avenues alternatives sont évoquées en conclusion.


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