Rapport d’étape portant sur les initiatives destinées à des personnes déficientes intellectuelles
Par Jean Proulx, Marie-Noëlle Ducharme et Stéphane Grenier
Cahier 13-01 – Janvier 2013 – 94 pages
Le présent cahier présente les résultats préliminaires d’une recherche portant sur l’évolution des formules de logement social destinées à des personnes vulnérables. Cette recherche, intitulée Vivre en zone frontalière : hybridation entre les formules de logement social et d’hébergement destinées aux personnes vulnérables, a consisté en l’examen de 36 ensembles résidentiels réalisés dans le cadre du programme AccèsLogis et s’adressant à cinq populations différentes (filières) : les personnes âgées, les personnes ayant des problèmes de santé mentale, les personnes ayant une déficience physique, les personnes ayant une déficience intellectuelle et les personnes à risques d’itinérance. La recherche est née d’une demande et d’un besoin exprimés par le Réseau québécois des OSBL d’habitation. Elle est financée par les instituts de recherche en santé du Canada (IRSC) et par le Fonds de recherche en santé du Québec (FRSQ). Elle a été réalisée en partenariat avec le Réseau québécois des OSBL d’habitation, la Société d’habitation du Québec, le ministère de la Santé et des Services Sociaux, le centre de réadaptation Normand-Laramée et la Ville de Montréal.
Le présent texte présente les résultats de notre investigation à partir de l’étude de huit ensembles résidentiels s’adressant à des personnes ayant une déficience intellectuelle. Les autres filières à l’étude font, tout comme ici, l’objet de rapports distincts. Par hybridation, on entend essentiellement les processus d’emprunts d’un univers à l’autre (Boyer, 1998), ici, entre l’hébergement et le logement. Les dimensions examinées touchent les contextes de développement des ensembles résidentiels, les conditions d’attribution des logements, les conditions de séjour, les aménagements, l’offre et l’organisation des services et les représentations (dimensions symboliques du logement).
Ce working paper se présente en quatre chapitres. Le premier chapitre présente les objectifs de la recherche. Le second chapitre présente le contexte et le cadre d’analyse. Le chapitre 3 présente la méthodologie et le quatrième chapitre présente les résultats eux-mêmes. L’analyse révèle l’émergence d’une filière nouvelle de projets résidentiels avec comme promoteurs des parents ou des associations désireux de trouver, notamment à travers des projets de logement social, des alternatives aux formules d’hébergement traditionnel. Bien que plusieurs promoteurs se réclament de l’importance du « chez soi » et de la normalisation des conditions de vie, les résultats se présentent plutôt souvent comme des hybrides. Les principaux emprunts à l’univers de l’hébergement se manifestent sur le plan des approches, des philosophies d’intervention et des représentations elles-mêmes du logement qui traduisent une volonté de prise en charge plutôt calquée sur les modèles d’hébergement. On y prévoit encore une intensité haute de services, avec surveillance 24 heures par jour, des activités de groupe, des repas pris en commun par exemple. En ce sens, en l’absence de modèles, les promoteurs tendent à se tourner, un peu par défaut, vers les représentations et les pratiques héritées et connues.