De la coexistence à la supplémentarité
par Jean Proulx et Sébastien Savard
Cahier 12-03 – Juin 2012 – 33 pages
La recherche dont nous présentons ici les résultats a été réalisée dans le cadre d’un exercice de validation de l’Outil d’analyse des rapports à l’État, un outil que nous avons conçu à l’intention des organismes communautaires et de l’économie sociale afin de leur permettre d’analyser la nature de leur relation à un établissement ou un organisme public donné. Pour ce faire, 52 organismes provenant de partout au Québec et intervenant dans des secteurs d’activité variés ont répondu au questionnaire. Des résultats, il se dégage que, par rapport à la situation qui prévalait dans les années 1980 et 1990, les organismes communautaires jouissent aujourd’hui d’une reconnaissance beaucoup plus grande de la part des établissements et des organismes publics, et qu’ils ont su, au fil des ans, s’imposer comme acteurs légitimes et partenaires auprès de ceux-ci. Cette plus grande reconnaissance se traduit également par des rapports qui apparaissent beaucoup plus égalitaires. Il ressort également que leurs relations avec les établissements et les organismes publics se sont beaucoup formalisées, que ce soit dans le cadre de comités de concertation ou autres mécanismes de liaison, ou encore dans le cadre d’ententes de service ou de protocoles de collaboration. Toutefois, même si, pour la majorité d’entre eux, leur relation est encadrée par une forme d’entente ou de protocole, cela ne se traduit pas forcément par de la sous-traitance, comme plusieurs l’ont craint avec l’arrivée de la réforme Couillard et la création des CSSS en 2003. Au contraire, les résultats montrent que, globalement, l’on est bien loin d’une instrumentalisation des organismes communautaires par les organismes publics, et que leurs rapports, sans être symétriques, s’inscrivent néanmoins dans une certaine réciprocité.